Heureux qui comme Ulysse...
Un jour, en écoutant la radio (Europe 2) je fut très surprise d'entendre une chanson (interprétée par Ridan) reprenant un poème de Du Bellay ("Heureux Qui Comme Ulysse") que j'avais aimé et appris en primaire.... Je vous met ici les deux versions du texte : le poème de Du Bellay et la chanson de Ridan ainsi qu'un extrait à écouter... Pour écouter la chanson allez sur http://www.myspace.com/ridan puis sur "Ulysse".
La chanson de Ridan
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux, Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin, Mais quand reverrai-je, de mon petit village, J'ai traversé les mers à la force de mes bras, Nos vies sont une guerre où il ne tiens qu'à nous Mais quand reverrai-je, de mon petit village, Mais quand reverrai-je, de mon petit village, Mais quand reverrai-je ? Le Poème de du Bellay Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ridan a donc repris intégralement les 4 strophes du poème et il y a rajouté 4 couplets-refrains et deux couplets de sa propre compisition. Je trouve que c'est une idée intéréssante de reprendre des poèmes et de les remettre au gout du jour !
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.
Fumer la cheminée, et en quelle saison,
Mais quand reverrai-je ?
Mais quand reverrai-je, de mon petit village,
Fumer la cheminée, et en quelle saison,
Mais quand reverrai-je ?
Seul contre les Dieux, perdu dans les marais
Retranché dans une cale, et mes vieux tympans percés,
Pour ne plus jamais entendre les sirènes et leurs voix.
De nous soucier de nos sorts, de trouver le bon choix,
De nous méfier de nos pas, et de toute cette eau qui dort,
qui pollue nos chemins, soit disant pavés d'or
Fumer la cheminée, et en quelle saison,
Mais quand reverrai-je ?
Fumer la cheminée, et en quelle saison,
Mais quand reverrai-je ?
Mais quand reverrai-je ?
Mais quand reverrai-je ?
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :
Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.