"Les Dramaticules" de Samuel Beckett

Publié le par Claire

Le 30 novembre dernier, je suis allée voir avec l'option théâtre de mon lycée "les Dramaticules" de Samuel Beckett.

A travers six tableaux différents Beckett aborde plusieurs thèmes comme le sens de l'existence humaine, que faire face à la mort, l'utilité de la communication....
La mise en scène et les décors sont réduits au minimum nécessaire pour comprendre ce qui se passe sur scène. Les costumes que portent les comédiens sont sobres et de couleur sombre, ils ont tous une valeur symbolique implicite. Les tableaux sont plus ou moins ambigus et j'ai trouvé qu'ils étaient durs à comprendre pour le simple néophyte (j'ai saisi tout le sens de cette pièce après en avoir discuté avec les comédiens).

Voici les six parties des Dramaticules :


- "Acte sans paroles II":
Deux groupes d'hommes sortent de grands sacs en toile disposés sur la scène: d'une part, un groupe d'hommes lents et d'autre part un groupe d'hommes rapides. Les hommes lents effectuent des gestes répétitifs et entre ceux-ci, ils rêvent d'une vie meilleure. Ils s'habillent méthodiquement, prient Dieu et avalent des médicaments dans l'espoir de vivre une vie moins monotone en attendant la mort.
Les hommes rapides, eux, sont pressés et regardent sans cesse leur montre pour ne pas perdre de temps et pour faire tout ce qu'ils peuvent avant la fin de leur vie.
J'ai trouvé que c'était assez facile de comprendre ce qui se passait derrière les gestes d'abord incompréhensibles de ces hommes.

 

-"Va et vient":
Trois femmes sont assises sur un banc, elles sont amies depuis longtemps. Deux d'entre elles chuchotent des méchancetés sur la troisième femme, qui est allée dans un coin de la scène. Malgré tout, à chaque fois, celle-ci revient s'asseoir pour essayer de rattraper le temps perdu, car les trois femmes sont mariées et n'ont plus le temps de se voir, elles essayent tout de même de communiquer entre elles et de parler de leurs souvenirs.  

-"Solo"
Un homme se réveille toutes les nuits. Il ne reconnaît plus le lieu dans lequel il se trouve. Il compte le nombre de pas qu'il y a jusqu'à la fenêtre d'où il espère apercevoir quelqu'un avec qui il pourrait parler. Aux murs de sa chambre sont affichées des photos "des êtres chers", que l'homme déchire mue par une haine envers ces gens, les seuls qu'il connaisse et qui pourtant l'ont laissé seul dans sa solitude.

-"Pas moi":
Une femme âgée retrouve soudainement la parole après avoir été muette toute sa vie. Elle découvre son corps petit à petit et elle prend conscience qu'avec la parole elle existe. Elle nous explique ses pensées, celles qui la traversent pendant ce phénomène mais aussi (et surtout) les pensées et les sentiments qu'elle n'a pas pû exprimer jusqu'alors.
Quand j'ai vu cette scène, je ne l'avais pas bien comprise mais maintenant je me rends compte que c'est une très belle façon de parler de la communication et de l'expression de ses sentiments.

-"Catastrophe"
Un comédien est immobile sur un podium, comme une statue sur un piédestal. Il est face à un metteur en scène tyrannique et tout-puissant qui le manipule comme un vulgaire objet et lui fait faire tout ce qu'il veut, à travers son assistante docile .

"Quoi où"
Cinq hommes sont présents sur scène. Le premier torture le second pour lui faire avouer ce que lui a dit le quatrième qui a torturé le cinquième jusqu'au moment où celui-ci ne peut plus répondre. L'enchaînement de cette scène tourne presque au ridicule. Les questions que se posent les hommes entre eux sont les mêmes à l'exception des mots " Quoi" et "Où"

 

Même si les thèmes abordés dans cette pièce sont sombres et funestes, ils portent sur des thèmes intéréssants qui sont explorés à travers chaque scène et interprétés brillamment par les comédiens du Théâtre du Cristal.

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Publié dans Culture

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C
Cet article m'évoque tout à fait l'univers de Beckett, de l'incompréhensible, de l'absurde, et puis finalement en y regardant de plus près on découvre quelques pistes qui nous ouvrent la compréhension de l'oeuvre. "Solo" me rappelle particulièrement "En attendant Godo" - autre pièce de Beckett : une attente interminable, ou bien la folie d'un personnage de nouvelle fantastique. J'aime beaucoup cette idée de rengaine, où l'esprit se perd à faire sans cesse les mêmes actes, jusqu'à en oublier pourquoi il les fait, pourquoi il est...ton article me donne vraiment envie de lire la pièce, as tu étudié d'autres oeuvres de ce genre au Lycée ?A bientôt,Clément
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C
Merci Clément pour ton commentaire ! Je n'ai pas étudié d'autres pièces de ce genre, ç part un extrait de "la cantatrice chauve" de Io Nesco. A bientot !